Un rendez-vous, un signal
Le 7 octobre 2026, Nairobi accueille CYSEC Kenya 2026, édition est-africaine de la série mondiale CYSEC, sous le thème « Defending the Digital Backbone of East Africa » — défendre la colonne vertébrale numérique de l’Afrique de l’Est.
Une journée. Un format resserré : keynotes de haut niveau, panels d’experts, sessions techniques approfondies et retours d’expérience terrain. Mais derrière le format, un signal plus large : l’Afrique de l’Est n’aborde plus la cybersécurité comme un sujet technique. Elle l’aborde comme un sujet de sécurité nationale et de compétitivité économique.
Pourquoi le Kenya, pourquoi maintenant
Le Kenya n’est pas un choix de circonstance. C’est le hub technologique de la région : mobile money, services publics numérisés, adoption massive du cloud, écosystème entrepreneurial dense, et sièges régionaux de nombreuses multinationales installés à Nairobi.
Cette avance a un prix. Les chiffres avancés par les organisateurs donnent la mesure du défi :
• Marché kényan de la cybersécurité : 60 à 70 millions de dollars (2024), en forte croissance.
• Activité de menace : plus de 2,5 milliards d’événements cyber détectés.
• Coût pour l’économie : des dizaines de millions de dollars par an.
Face à cela, le pays a construit un cadre : la Stratégie nationale de cybersécurité 2022–2027, le KE-CERT/CC et des réglementations sectorielles. CYSEC Kenya arrive précisément au moment où ce cadre passe de la stratégie à l’exécution.
Le nom qui donne son poids à cette édition : Dr Martin Koyabe

Dr Martin Koyabe — Non-Executive Chairman, National Cybersecurity Agency (NCSA), Kenya.
S’il fallait retenir une seule raison de suivre CYSEC Kenya 2026, ce serait celle-là.
En août 2026, le Dr Martin Koyabe a été nommé premier président non exécutif du conseil d’administration de la National Cybersecurity Agency (NCSA) du Kenya — une annonce faite par John Tanui, Secrétaire principal chargé des TIC et de l’Économie numérique.
Ce n’est pas une nomination parmi d’autres. C’est la première fois que le Kenya se dote d’une agence nationale dédiée à la cybersécurité, avec un conseil et un mandat propres. Le Dr Koyabe hérite donc d’une page blanche institutionnelle : définir la gouvernance, les priorités et la crédibilité d’un organisme appelé à protéger l’infrastructure numérique d’un pays qui vise 30 % de son PIB issu de l’économie numérique.
Son profil explique le choix : plus de trente ans d’expérience en TIC, cybersécurité, recherche, politique publique, régulation et transformation numérique. Un parcours marqué par le renforcement de capacités cyber, l’élaboration de stratégies nationales, la mise en place de capacités CERT/CSIRT et de cadres de protection des infrastructures d’information critiques — dans plusieurs pays africains, pas seulement au Kenya.
L’homme qui structure aujourd’hui la cyberdéfense kényane a passé une partie de sa carrière à construire ces mêmes capacités ailleurs sur le continent. Ce qui se décide à Nairobi ne restera pas à Nairobi.
Une salle d’exécutants, pas de spectateurs
Le plateau reflète la réalité opérationnelle du pays plus que le circuit habituel des conférences.
Institutions et régulation
• Dr James J. Kimuyu — Directeur, NC4 (National Computer and Cybercrimes Coordination Committee), partenaire gouvernemental de l’événement
• Dr Martin Koyabe — Non-Executive Chairman, National Cybersecurity Agency (NCSA)
Secteur financier et infrastructures critiques
• Joylynn Kirui (MVP) — Head of Information Security, Prime Bank
• Neeraj Anand — Head of IT Governance, SBM Bank
• Kevin Kanyi — Head of Cyber Threat Intelligence & Threat Hunting, M-KOPA
• Victor Wainaina Ngunyi — CISO, Caritas Microfinance Bank
• Faith Wawira Nyaga — Directrice ICT par intérim, Water Resources Authority
• Loyce Musangi — Assistant Director, Information Security, Nairobi City County
Industrie, santé et communautés professionnelles
• Kennedy Njenga (Del Monte), Gilbert Mutai (Car & General), James Mwaniki (Kenafric Industries), Morris Ethare (Isuzu East Africa), Magdalyne Kamande (The Nairobi Hospital)
• Bonface Asiligwa — Président, ISACA Kenya Chapter
• Dr Stanley Mwangi Chege — Président, ISC2 Kenya Chapter
• Dr Aprielle Oichoe — Présidente, Women in Cybersecurity East Africa
• Mutheu Nyagah-Khimulu — Ambassadrice Afrique, Global Anti-Scam Alliance
Un point mérite d’être souligné : la place des femmes dirigeantes dans ce plateau — sécurité de l’information bancaire, ICT publique, hôpital de référence, communautés WiCyS et Women in Tech. Sur ce terrain, l’Afrique de l’Est a des enseignements à exporter, pas seulement à recevoir.
Les thèmes au programme
• Safeguarding Africa’s Digital Frontiers
• L’impératif de la cyber-assurance
• Sécurité du cloud et résilience
• Zero Trust : l’approche africaine
• IA et cybersécurité : opportunités et risques
• Renforcer la cyberdéfense centrée sur l’humain
• Stratégies cyber des gouvernements
Le point le plus intéressant pour un observateur extérieur est le quatrième. « Zero Trust : l’approche africaine » n’est pas un habillage marketing. Un modèle Zero Trust pensé pour des environnements à connectivité contrainte, à forte pénétration mobile et à budgets sécurité limités ne ressemble pas à celui d’une banque européenne. S’il fonctionne à Nairobi, il fonctionne dans beaucoup d’endroits où le modèle standard échoue.
L’écosystème autour de l’événement
• Partenaire gouvernemental : NC4
• Partenaires de soutien : CREST, Global Council for Responsible AI, ISACA Kenya Chapter, ISC2 Kenya Chapter
• Sponsors Gold : Sophos, BUI
• Sponsors Bronze : Sectona, ThreatLocker, ManageEngine
CYSEC Kenya s’inscrit dans la série mondiale CYSEC 2026, qui relie Johannesburg, Bangkok, Jakarta, Doha, Koweït, Manama, Abu Dhabi, Le Caire et Mascate. C’est ce qui rend l’édition kényane intéressante : elle n’est pas isolée. Ce qui se dit à Nairobi le 7 octobre circule ensuite à Manama le 14 et à Abu Dhabi le 22.
Le point de vue de TekAfrika
On a longtemps raconté la cybersécurité africaine comme un récit de rattrapage. Ce récit est devenu paresseux.
Ce qui se passe au Kenya raconte autre chose : un pays qui a numérisé ses services publics et ses paiements plus vite que beaucoup d’économies avancées, qui en subit mécaniquement les conséquences en matière de menace, et qui construit maintenant l’institution correspondante. Cette séquence — adoption rapide, exposition, puis institutionnalisation — est exactement celle que traversent le Maroc, le Nigeria, l’Égypte et l’Afrique du Sud, à des rythmes différents.
Il y a donc un intérêt direct, pour un DSI ou un RSSI à Casablanca, Lagos ou Abidjan, à regarder ce que fait la NCSA kényane dans ses douze premiers mois. Pas par curiosité régionale. Par anticipation.
C’est la raison pour laquelle TekAfrika.tv s’engage comme partenaire média de cette édition. Notre rôle n’est pas de résumer un programme, mais de faire circuler ce qui s’y dit : porter vers les écosystèmes francophones d’Afrique du Nord et de l’Ouest les enseignements d’une région qui a pris de l’avance sur ces questions, et donner à ces voix est-africaines une audience au-delà de leur marché d’origine.
Nous préparons une série d’entretiens avec des intervenants de cette édition, avant et après le 7 octobre. Si vous pensez à quelqu’un que nous devrions interroger, écrivez-nous.
CYSEC Kenya 2026 — 7 octobre 2026, Glee Nairobi.
Inscriptions ouvertes sur kenya.cysecglobal.com
TekAfrika.tv est partenaire média officiel de CYSEC Kenya 2026.
TekAfrika.tv suit les écosystèmes technologiques africains et leurs connexions avec le reste du monde.









