La India AI Impact Summit 2026 s’est ouverte à New Delhi sous l’impulsion de la mission gouvernementale IndiaAI. Présenté comme le plus grand sommet consacré à l’intelligence artificielle organisé dans le Sud global, l’événement rassemble responsables politiques, dirigeants technologiques, investisseurs et chercheurs autour d’un objectif central : positionner l’Inde comme acteur structurant de la gouvernance mondiale de l’IA.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par Narendra Modi, qui a insisté sur une vision d’une intelligence artificielle « inclusive, responsable et orientée vers le développement ». Le message politique est clair : l’Inde ne veut plus être uniquement un marché technologique, mais un centre de décision.
Sam Altman au cœur de l’attention internationale
La présence la plus remarquée reste celle de Sam Altman, PDG d’OpenAI. Depuis le lancement de ChatGPT, Altman est devenu l’une des figures centrales du débat mondial sur l’intelligence artificielle.
Lors de son intervention, il a confirmé que l’Inde est désormais le deuxième plus grand marché mondial pour ChatGPT, avec environ 100 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires. Ce chiffre illustre l’adoption massive de l’IA générative dans un pays qui combine démographie, talent technologique et accélération numérique.
Altman a également souligné que l’Inde possède le potentiel pour devenir un acteur « full-stack » de l’IA, capable de développer infrastructures, modèles linguistiques, applications sectorielles et écosystèmes d’innovation.
Les annonces majeures du premier jour
La première journée du sommet a été marquée par plusieurs annonces structurantes.
Le gouvernement indien a confirmé un investissement de 10 371 crores de roupies dans le cadre du programme IndiaAI. Ce financement vise à renforcer les capacités nationales de calcul haute performance, soutenir la recherche locale et accélérer le développement de modèles d’IA adaptés aux réalités linguistiques indiennes.
Plusieurs panels de haut niveau ont réuni des dirigeants internationaux, notamment Sundar Pichai et Demis Hassabis, autour des enjeux de sécurité des systèmes avancés, de régulation internationale et d’équilibre entre innovation et responsabilité.
Le premier jour a ainsi posé les bases d’un dialogue global où l’Inde cherche à peser dans la définition des normes futures.
Les priorités des prochains jours
Les sessions à venir devraient se concentrer sur trois axes stratégiques.
Le premier concerne la gouvernance mondiale de l’IA. Les discussions visent à élaborer une feuille de route commune sur la régulation, la transparence des modèles et la coopération internationale.
Le second axe porte sur les applications sectorielles. Des démonstrations sont prévues dans la santé, l’agriculture intelligente, l’éducation multilingue et l’énergie, avec un accent particulier sur l’impact concret dans les économies émergentes.
Enfin, le sommet entend renforcer la place du Sud global dans l’écosystème mondial de l’IA, en mettant en avant l’inclusion numérique, la formation des talents et le soutien aux startups locales.
Une dimension géopolitique assumée
Au-delà de la dimension technologique, la India AI Impact Summit 2026 s’inscrit dans une recomposition géopolitique plus large. Face à la compétition stratégique entre grandes puissances, l’Inde tente d’affirmer une voie alternative : celle d’un leadership axé sur l’inclusion, la souveraineté numérique et l’accès équitable aux technologies avancées.
En attirant les principaux dirigeants mondiaux du secteur et en annonçant des investissements massifs, New Delhi envoie un signal fort : l’intelligence artificielle ne sera pas uniquement façonnée par les pôles traditionnels de la Silicon Valley ou de la Chine. L’Inde entend désormais participer activement à l’écriture des règles du jeu mondial.
















