Lors de la 8e édition des Casablanca Broadcast Days, un échange riche et prospectif a eu lieu entre Philippe Chapot, fondateur de Podcast Magazine, et Mohamed Kamal Benamrahar, Directeur Général de S4U, qui a animé cette conversation. L’épisode, produit par Tekafrika.tv, explore les mutations profondes du secteur de l’audiovisuel sous l’effet des technologies digitales, et en particulier de l’intelligence artificielle.
Un salon en mutation : vers un événement international de l’audiovisuel
Le Casablanca Broadcast Days, initialement conçu comme un séminaire professionnel, a connu une évolution majeure. Avec plus de 900 participants professionnels et plus de 55 marques représentées, le salon s’affirme aujourd’hui comme un rendez-vous incontournable du secteur au niveau national et continental. En mettant en avant les marques elles-mêmes plutôt que les distributeurs, l’événement s’impose comme une vitrine technique, mais aussi humaine, du monde audiovisuel.
Au-delà du seul domaine du broadcast (radio et télévision), le salon embrasse aujourd’hui des thématiques plus larges, allant de l’événementiel à l’intégration audiovisuelle pour les universités, institutions et entreprises. L’ambition est claire : faire de Casablanca un hub pour les technologies du son et de l’image en Afrique.
Le podcast comme catalyseur de transformation
L’échange aborde aussi la place croissante du podcast, en particulier du podcast vidéo, dans les stratégies de contenu des médias et des entreprises. Si beaucoup de créateurs marocains publient leurs podcasts sur YouTube, Philippe Chapot invite à réinvestir les plateformes audio (Spotify, Apple Podcasts) pour mieux exploiter le modèle RSS originel du podcast.
Il rappelle que 90 % des créateurs de contenu digital ne viennent pas des médias traditionnels. Leur succès repose sur une narration authentique, des formats accessibles et une maîtrise des outils numériques. Les exemples comme Hugo Décrypte ou Guillaume Pley illustrent cette nouvelle économie du contenu.
L’avenir des médias traditionnels face aux mutations
Face à l’émergence de l’IA et des plateformes sociales, les médias traditionnels doivent se réinventer. S’ils restent les garants de la véracité de l’information, ils doivent s’adapter à des audiences fragmentées et à des modes de consommation à la demande.
La révolution technologique ne les condamne pas : elle leur offre, au contraire, les moyens de renforcer leur crédibilité et leur portée, à condition d’intégrer les nouvelles pratiques de production, de diffusion et de référencement.
Une ambition partagée : faire grandir le Casablanca Broadcast Days
En clôture de l’entretien, Philippe Chapot insiste sur l’importance de structurer l’édition suivante autour d’un véritable pôle éditorial, avec un studio opérationnel, une stratégie de contenu, et une ouverture renforcée à l’international.
Mohamed Kamal Benamrahar conclut sur la nécessité de placer l’humain au cœur de cette transformation, en misant sur la rencontre, le dialogue et la valorisation des expertises locales et internationales.















